Instabilité Incertitude Peur Non-conformisme
Ce matin dans mon cours de psychologie pour grandes personnes, je me sens off the track. Comme un extraterrestre dans un groupe de monsieur madame, « je sais où je m’en vais». Pis ça gosse, parce que moé, je le sais pas où que je m’en va. Ou ben je le sais pas trop, ça dépend des jours. Quand t’es entouré par des gens qui ont tellement de certitude quand ils parlent de leur futur et de la progression de leurs études, c’est épeurant un brin. Parce que tu redoutes le moment où ils vont te demander «pis toi, t’es rendu où? Tu vas faire quoi dans 2 ans?» pis que la réponse c’est que tu le sais pas. Ça te tente pas de leur dire que ça fait 4 Bac que t’essaies, mais que ça marche jamais. Pis quand tu leur dis, ils savent pas trop comment réagir, parce que socialement, c’est bizarre quelqu’un qui est perdu. Drôle de même toé.
Pis si ça te convient pas à toi, d’aller à l’université 3 ans, de te trouver un chum avec qui tu vaS rester 100 ans, de partir en appart avec, de travailler ton 40 heures semaine pour pouvoir t’acheter un condo, avoir un caillou brillant a 1000 piasses, avoir un bébé. Tout ça, avant tes 29 ans.
Je t’annonce que tant mieux.
Perso, je me reconnais zéro pis une barre là-dedans. Je veux découvrir, vivre, me ramasser dans des situations de marde, me sortir de ces mêmes situations de marde, apprendre le plus de choses possible, voir le monde, aider tous ceux qui en ont besoin, parler plein de langues différentes.
La routine me fait peur, j’aime pas le conventionnel ni devoir rentrer dans un cadre. Je suis une adepte de la spontanéité, des plans de fou, de débats sans fin autour de questions existentielles. La phrase qui me définit le mieux est «tu changes d’idée comme tu changes de brassière» (ou dequoi de même là).
On a une vie. Une.
Faque si tu fais pas quelque chose que t’aimes, t’auras jamais de 2e chance.
Je suis différente. J’accepterai pas de me conformer à quelque chose qui ne me convient pas parce que tout le monde le fait. Je veux me faire orner le corps de tattoos, je le fais. Je suis pas bien dans mon programme d’étude, je le change. Je veux avoir des cuisses comme Beyoncé, je vais au gym pis je spin ma vie. Je prends soin des gens que j’aime et je suis honnête parce qu’ils le méritent. Je dis à ma mère que je l’aime parce que c’est le plus beau modèle de vie qui m’ait été donné. Pis quand j’aime, je le fais entièrement. Parce que c’est beau et que ça fait du bien.
Je le sais que j’aurai pas une vie conventionnelle, mais je vais être ridée parce que j’aurai souvent ri, j’aurai la peau plissée et empreinte d’une multitude d’œuvres d’art qui me rappelleront mon jeune temps pis je danserai encore pieds nus dans la fontaine d’eau à St-Roch.
Pis j’vas être heureuse, jusqu’à fin. No matter what.
Alexe Raymond, réviseure, raymond.alexe@gmail.com